29 août 2007 - Jellybeans Mexicains

Blogue sur le projet Keystone
Le 29 août 2007

par Fred Wilson

Pendant que Stephen Harper, George Bush, Felipe Calderon et les PDG faisant partie du Conseil nord-américain de la compétitivité participaient au « sommet des jelly beans » (comme Maude Barlow l’a appelé), je participais à une réunion avec des travailleurs mexicains et américains de l’électricité et du pétrole qui ont tout lieu de croire que l’enjeu ne comprend pas que des dragées.

Les Mexicains se sont joints au SCEP, au SCFP et aux Métallos pour participer à une réunion des travailleurs et travailleuses de l’énergie à Montréal qui avait été organisée avec l’aide des réseaux de solidarité hémisphérique du Canada, du Québec, des États-Unis et du Mexique. Nous nous sommes rassemblés pour examiner le programme nord-américain dont le PSP fait la promotion.

C’est un programme d’intégration continentale tellement étonnant qu’il est plus facile à comprendre en se reportant directement à eux qu’en se reportant à ceux d’entre nous qui sont descendus dans la rue à Montebello pour protester. À Montebello, le Conseil nord-américain de la compétitivité a déposé son rapport à l’intention des chefs d’État (que vous pouvez lire sur le site Web du Conseil canadien des chefs d’entreprise à l’adresse www.ceocouncil.ca).

Parmi les douzaines de recommandations présentées par les entreprises aux trois gouvernements, il y a deux pages de propositions sur l’énergie, y compris les recommandations suivantes portant sur le Mexique :

• Une réforme des politiques nationales mexicaines qui permettra aux entreprises mexicaines, d’ici 2010, d’acheter de l’électricité directement des producteurs américains.
• Dissolution d’ici 2010 de PEMEX, société pétrolière nationale du Mexique, et transformation de sa filiale de gaz naturel en une nouvelle société qui sera appelée GASMEX.
• D’ici 2008, production d’une analyse-repère illustrant les lacunes du rendement opérationnel et financier de PEMEX.

Ce n’est pas négligeable. Ces recommandations, entre autres, sont destinées à démanteler le secteur de l’énergie mexicain dont la propriété et la gestion sont publiques. Selon les chefs syndicaux et politiques mexicains que j’ai rencontrés, cela viole l’esprit sinon la lettre de la Constitution du Mexique, qui fait de l’énergie un bien public.

Le rapport à l’intention des chefs d’État met en évidence les travaux du Groupe de travail nord-américain sur l’énergie et la réunion des ministres de l’Énergie des trois pays sur le PSP tenue à Victoria (C-B) en juillet. Si vous n’avez pas lu le commentaire précédent sur ce groupe de travail et le projet de Gary Lunn, notre ministre fédéral de l’Énergie, de réduire de moitié le délai d’approbation des oléoducs, vous pouvez le lire dans ma contribution du 14 août à l’adresse www.scep.ca.

Vous comprendrez la consternation des dirigeants du SCEP qui entendent un ministre fédéral invoquer le PSP pour faire avancer le programme d’exportation de bitume auquel nous nous opposons devant l’Office national de l’énergie. Il y a tout lieu de nous demander si nous perdons notre temps.

Mais imaginez la réaction de nos collègues mexicains aux propositions de « réforme des politiques nationales » de leur pays qui font l’objet non pas d’un débat public au Mexique mais bien de discussions entre des chefs d’entreprise et des chefs d’État à Montebello, au Québec.

C’est pour cela que Dave Coles, président du SCEP, a affronté les agents provocateurs de la police à Montebello et que Gaétan Ménard et sa famille ont mené sur la rivière des Outaouais leur bateau portant la bannière « pas d’ententes secrètes ». Et c’est pour cela que les syndicalistes mexicains sont venus au Canada en solidarité et se sont joints à nous dans les rues de Montebello.

Ici le déclaration joint de réunion de travailleurs énergie a Montréal :

http://www.cep.ca/cep_on_line/spp/spp_statement_f.pdf

Si vous voulez le version espagnol, me contactez à fwilson@cep.ca.