Mise à jour quotidienne sur l’audience de l’Office national de l’énergie au sujet du projet du pipeline Keystone, selon lequel TransCanada Pipelines prévoit exporter 500 000 barils de bitume brut par jour des gisements de sables bitumineux de l’Alberta au Midwest des États-Unis.
À peine quelques minutes après l’ajournement pour la journée de l’audience de l’ONE sur le projet pipelinier Keystone, j’ai reçu une « alerte Google » signalant un grand titre de la revue Oilweek Magazine d’Edmonton qui citait l’exposé donné par Gil McGowan, président de la Fédération du travail de l’Alberta, pendant l’audience. Le président de la FTA était résolu à se servir de l’audience de l’ONE pour faire connaître la campagne du mouvement syndical de l’Alberta visant à créer des emplois ajoutant de la valeur aux produits dans le secteur de l’énergie. Il y a réussi. La citation de la journée était sa déclaration initiale :
« Chaque baril de bitume acheminé par le pipeline Keystone ou d’autres pipelines proposés est un baril de pétrole qui ne pourra plus servir à une production à valeur ajoutée et à la création d’emplois ici en Alberta.
« Les membres que je représente m’ont donné le clair et fort mandat de faire tout mon possible pour faire avorter le projet et assurer la création d’emplois à long terme servant à ajouter de la valeur à nos produits », a-t-il dit. « Pourquoi resterions-nous en plan pendant que de grandes sociétés pétrolières américaines emploient notre pétrole pour ranimer leur raffineries vieillissantes du Midwest et de la côte du golfe du Mexique alors que ce pétrole pourrait servir à transformer l’Alberta en nouveau centre nord-américain de valorisation et de raffinage? »
L’action principale de la journée d’audience de jeudi a été le passage de la balle du camp des détracteurs à celui des promoteurs. M. McGowan et Tom Pearson, analyste commercial retraité de Dow Chemical comparaissant en tant qu’expert-conseil de la FTA, ont été appelés à défendre la preuve qu’ils ont déposée pour s’opposer au projet pendant le contre-interrogatoire par les avocats de l’industrie pétrolière et de l’Office national de l’énergie. Ce contre-interrogatoire de trois heures a été difficile par moments. Les questions posées à M. McGowan étaient nettement destinées à montrer que le chef syndical avait un programme politique débordant la portée de l’audience de l’ONE. M. McGowan a volontiers reconnu qu’il en avait un.
Tom Pearson, qui accompagnait M. McGowan, était un planificateur stratégique chez Dow Chemicals à Fort Saskatchewan (Alberta). Il comparaissait au nom de la FTA pour confirmer le sort tragique subi par l’industrie pétrochimique de la province par suite de l’approbation par l’ONE, en 1998, du gazoduc Alliance. Malgré l’opposition exprimée à ce moment-là par Dow et Nova, il a été permis que ce gazoduc achemine du gaz naturel et des liquides du gaz naturel aux États-Unis. « Pas un sou n’a été investi dans la croissance du secteur pétrochimique de l’Alberta depuis cette décision », a déclaré M. Pearson.
Plus tôt au cours de la journée, la preuve environnementale et socioéconomique de Keystone a été examinée. De considérables données ont été présentées au sujet des franchissements de cours d’eau, de la faune, de la flore et de la qualité de l’air, mais seulement dans un rayon de 50 km du pipeline ou, dans certains cas, d’un seul km. Presque tous les effets, petits ou grands, dans ce corridor ont été examinés. Cependant, il n’a été tenu compte d’aucun effet, si important fut-il, à l’extérieur du rayon de 50 km. Les écologistes s’arracheraient les cheveux devant cela, mais il semble que ce soit pratique courante dans le monde de l’évaluation environnementale de l’Office national de l’énergie.
La portée de l’étude socioéconomique était encore plus étroite. Les taxes municipales que toucheraient les municipalités où se trouveraient des stations de pompage ont été soigneusement calculées mais l’analyse socioéconomique ne traite nullement du principal enjeu de l’audience. Leanne Chahley, de la FTA, a demandé s’il aurait été possible de déterminer les emplois en amont et en aval du pipeline, au Canada et aux États-Unis. On lui a répondu que cela l’aurait certainement été si cela avait été demandé dans la portée de l’étude.
Les présents et les absents :
Une des questions posées à la délégation de la FTA est celle de savoir pourquoi c’est le mouvement syndical qui fait valoir l’utilité de la valeur ajoutée et pourquoi les entreprises de valorisation et les raffineries ne la font pas valoir. M. Pearson a répondu qu’elles le devraient. M. McGowan a dit qu’il est égal à la plupart des sociétés pétrolières que le pétrole soit valorisé au Canada ou aux États-Unis. « C’est pour cela que nous ne pouvons pas compter sur les sociétés pétrolières pour ce qui est de défendre l’intérêt du public », a-t-il ajouté.
Il est pratique que Conoco Phillips ait brillé par son absence dans la salle d’audience de l’ONE, échappant ainsi à toute question. Steven Shrybman a posé une question à Keystone au sujet de l’option de Conoco Phillips d’acheter 50% de la société pipelinière. Nous avons appris que cette option ne s’assortit pas d’un délai et qu’elle « dépendra des événements ». Quels événements risquent d’inciter Conoco à acheter le pipeline? C’est une question commerciale confidentielle. Si Conoco Phillips avait la propriété de la moitié du pipeline Keystone, qui contrôlerait l’entreprise et qui aurait le droit de veto sur les décisions futures? Ça ne nous regarde pas non plus. L’absence du principal expéditeur et bénéficiaire du pipeline Keystone est de plus en plus notable de jour en jour dans la salle d’audience.
Demain : Les témoins comprendront Dave Coles, président du SCEP, Mike McCracken d’Informetrica et Diana Gibson, du Parkland Institute.
